Une marque italienne qui double sa production en trois ans après un rachat français, et qui reste pourtant méconnue face aux géants allemands du secteur. Rimor occupe cette position paradoxale : sérieuse sur le fond, discrète sur la forme. Avant d’acheter – ou d’écarter – un modèle de cette gamme, voici ce que les chiffres et les propriétaires révèlent vraiment.
Qui fabrique Rimor et d’où viennent ces camping-cars?
Rimor naît le 17 janvier 1978 à Poggibonsi, dans la province de Sienne en Toscane. C’est Luano Niccolai qui fonde l’entreprise, installée Via Piemonte 3 dans cette petite ville industrielle qui compte déjà plusieurs acteurs de la carrosserie spécialisée. Dès le départ, l’ambition est claire : produire des véhicules de loisirs entièrement conçus et assemblés en Italie.
En 2015, le groupe français Trigano rachète Luano Camp, la maison mère de Rimor. Ce changement de propriétaire transforme l’échelle de production : en moins de trois ans, les volumes doublent grâce à l’ouverture d’une seconde ligne d’assemblage sur le même site toscan. La marque conserve son ancrage géographique et son identité italienne, mais bénéficie désormais des ressources logistiques et commerciales d’un groupe coté en bourse.
Le résultat est mesurable : Rimor s’impose aujourd’hui comme leader des marques italiennes sur le marché allemand, ce qui n’est pas anodin dans un pays où les acheteurs sont réputés exigeants sur la qualité de construction. Cette présence allemande forte dit beaucoup sur la fiabilité perçue de la marque à l’international.
Rimor est-elle une bonne marque de camping-car?
Rimor se positionne clairement dans le segment entrée et moyen de gamme. Ce n’est pas une marque premium – et elle ne cherche pas à l’être. L’intérêt réside dans le rapport entre le prix payé et ce qu’on obtient mécaniquement et structurellement.
Côté points forts, les porteurs utilisés sont éprouvés : Fiat Ducato et Ford Transit, deux châssis qui ont fait leurs preuves sur des centaines de milliers de kilomètres. La mécanique n’est pas le problème chez Rimor. La construction de la cellule est sérieuse, les aménagements fonctionnels, et l’ensemble tient la distance sur la durée – plusieurs propriétaires témoignent d’utilisation au-delà de dix ans sans défaillance majeure de structure.
Les faiblesses, en revanche, sont documentées et récurrentes. Les finitions restent simples – matériaux pragmatiques, assemblages corrects mais sans raffinement. Surtout, les joints extérieurs constituent le point de surveillance prioritaire. Des problèmes d’étanchéité ont été constatés sur plusieurs modèles, avec des risques d’infiltration pouvant aller jusqu’à la dégradation du plancher. C’est un défaut connu, pas rédhibitoire, mais qui impose une vigilance régulière.
Quels sont les prix d’un camping-car Rimor en 2025?

La gamme 2025 s’étend de 53 340 € pour le Horus 12 à 78 670 € pour le Super Brig Suite. Cet écart de plus de 25 000 € reflète la diversité des catégories proposées, pas seulement des niveaux d’équipement.
| Catégorie | Nombre de modèles | Fourchette de prix indicative |
|---|---|---|
| Fourgons | 5 | À partir de 53 340 € |
| Profilés | 17 | 54 000 € – 70 000 € |
| Capucines | 15 | Jusqu’à 78 670 € |
La nouvelle gamme Sarus lancée en 2025 démarre à 60 389 €. Elle vise un positionnement intermédiaire entre les profilés d’entrée de gamme et les capucines haut de catalogue.
À l’occasion, la décote est rapide et significative. Un modèle acheté neuf à 54 890 € peut descendre entre 33 000 et 38 000 € sur le marché de seconde main – soit une perte de valeur de 30 à 40 % qui profite à l’acheteur patient.
Avis et retours d’utilisateurs sur les camping-cars Rimor
Les témoignages de propriétaires convergent sur quelques points constants. Sur la durée, la satisfaction globale reste élevée : des familles roulent sur leur Rimor depuis plus de dix ans et ne parlent pas de remplacer leur véhicule. C’est un signal fort pour une marque positionnée en entrée de gamme.
Mais les retours terrain signalent aussi des problèmes concrets. Sur un Rimor Seal 9 de 2021, des défauts de joints extérieurs ont été identifiés autour des 50 000 km. L’infiltration ne s’était pas encore traduite en dégât structurel, mais la vigilance était de mise. Ce type de retour revient régulièrement dans les forums spécialisés : le problème n’est pas systématique, mais il est suffisamment fréquent pour ne pas être ignoré à l’achat.
Les points de satisfaction récurrents portent sur la praticité des aménagements, la fiabilité du porteur, et l’espace intérieur bien exploité, notamment dans les versions capucines. Les utilisateurs apprécient aussi la disponibilité des pièces via le réseau Trigano, ce qui facilite l’entretien et les réparations.
Rimor Katamarano : la capucine familiale sous le microscope
Le Katamarano est la capucine phare de Rimor pour les familles. Sa configuration place le couchage en alcôve au-dessus de la cabine – d’où son classement en capucine – avec un espace de vie central généreux et une disposition des lits adaptée à quatre ou cinq personnes. C’est le format qui a le plus de sens pour les voyages longs avec des enfants.
Par rapport aux autres capucines de la gamme Rimor, le Katamarano se distingue par sa modularité intérieure. Les retours utilisateurs soulignent la qualité de l’isolation phonique entre l’alcôve et le salon, point souvent négligé sur ce type de véhicule. Le volume de rangement est jugé satisfaisant pour sa catégorie.
Les propriétaires notent cependant que la masse en charge totale impose une conduite anticipée, notamment en descente chargée. Sur porteur Fiat Ducato en version 150 ch, le couple disponible reste correct sur autoroute mais demande à être géré en montagne. Ce n’est pas une faiblesse spécifique au Katamarano – c’est la réalité de toute capucine chargée sur ce châssis.
Rimor Seal 69 Plus : que vaut ce modèle profilé?
Le Seal 69 Plus est affiché à 54 890 € neuf, ce qui le positionne dans le bas de la gamme profilée. C’est un véhicule pensé pour deux personnes avec des invités occasionnels, avec un lit longitudinal à l’arrière et une salle de bain séparée.
À l’occasion, ce modèle se retrouve entre 33 000 et 38 000 €, ce qui change radicalement le calcul. Pour ce budget, vous obtenez un profilé récent sur Fiat Ducato avec un aménagement cohérent et une mécanique fiable. C’est l’un des arguments les plus solides en faveur de Rimor : la décote accélérée crée de vraies opportunités pour les acheteurs de seconde main.
Sur le terrain, les utilisateurs du Seal 69 Plus apprécient la compacité du véhicule – accessible aux camping-caristes qui n’ont pas encore l’habitude des grands gabarits. La transformation en véhicule de loisir sur porteur standard conserve ici toute la praticité urbaine du Ducato, ce qui compte quand on traverse des centres-villes ou des routes étroites en montagne.
Le problème d’étanchéité reste le talon d’Achille de Rimor

Sur quasiment tous les forums de camping-caristes, les joints extérieurs de Rimor font l’objet d’alertes récurrentes. Le problème n’est pas propre à cette marque – l’étanchéité est un enjeu général sur les cellules de camping-car – mais Rimor est mentionné plus souvent que la moyenne dans les discussions sur ce sujet.
Concrètement, les joints qui entourent les baies vitrées, les trappes de toit et les raccords de paroi se dégradent avec le temps et les variations thermiques. Quand l’infiltration commence, elle s’attaque au plancher contreplaqué – une réparation coûteuse qui peut dépasser 2 000 à 3 000 € selon l’étendue des dégâts.
- Inspectez tous les joints extérieurs avant signature, idéalement avec un détecteur d’humidité
- Contrôlez le plancher sous les lits et dans les soutes pour détecter toute souplesse anormale
- Vérifiez l’état des angles de toit et des jonctions entre parois latérales et pavillon
- Demandez l’historique d’entretien des joints – un propriétaire sérieux les refait tous les 3 à 5 ans
Sur un Rimor neuf, prévoyez une inspection annuelle des joints et une application de mastic préventif dès les premiers signes de fissuration. C’est 30 minutes de travail qui évitent plusieurs milliers d’euros de réparation.
Comment se repérer dans les 37 modèles de la gamme 2025?
Le catalogue 2025 de Rimor comprend 37 véhicules répartis en trois familles : 5 fourgons, 17 profilés et 15 capucines. L’édition 2025 intègre 17 nouveautés – soit près de la moitié du catalogue renouvelé en un an, ce qui témoigne d’un rythme de développement soutenu sous l’impulsion de Trigano.
Pour choisir sans se perdre, la logique est simple. Si vous voyagez seul ou en couple avec un budget serré, les fourgons et les profilés d’entrée de gamme sont le bon point de départ. Si vous avez des enfants ou des invités réguliers, orientez-vous vers les capucines – plus volumineuses, mais aussi plus lourdes à conduire et à entretenir. La gamme Sarus, à partir de 60 389 €, vise les acheteurs qui veulent un équipement plus fourni sans aller jusqu’aux capucines premium.
Acheter un Rimor neuf ou d’occasion : ce qu’il faut savoir
La décote de 30 à 40 % sur l’occasion est l’argument central pour l’achat de seconde main. Sur un véhicule à 70 000 € neuf, cela représente 21 000 à 28 000 € d’économie – suffisant pour financer plusieurs années d’entretien préventif.
Rimor convient particulièrement aux acheteurs qui voyagent régulièrement mais sans exigences de finition très élevées, et qui préfèrent une mécanique solide sur châssis Ducato à un habitacle luxueux. C’est aussi une marque pertinente pour les primo-accédants au camping-car : les prix d’entrée sont accessibles, et le réseau après-vente Trigano couvre l’essentiel du territoire français.
Pour l’occasion, les points de contrôle prioritaires sont l’étanchéité, l’état du plancher et les joints – comme détaillé plus haut. Ajoutez à cela une vérification du comportement moteur à chaud sur les versions équipées de motorisations 2.2 HDi, qui peuvent présenter des signes de fatigue sur les exemplaires à fort kilométrage. Un essai routier d’au moins 30 minutes reste la meilleure assurance avant de signer.
Un Rimor bien entretenu, avec des joints refaits régulièrement et un plancher sain, peut tenir vingt ans sans problème structurel. Mal entretenu, il peut devenir un gouffre en cinq ans. La marque n’est pas le facteur déterminant – c’est l’histoire du véhicule qui fait toute la différence.